Road trip nord-américain : 2 mois sur les routes du Canada et des États-Unis
- Manon

- 15 juin
- 16 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 juin
Par où commencer...
À l'heure où je vous parle, nous sommes 7 mois après le voyage le plus fou de ma vie jusqu'à présent. L'un de mes rêves était de voyager à travers le Canada et les États-Unis en voiture pendant plusieurs mois, histoire de ressentir une véritable sensation de liberté.
C'est chose faite ! Ma meilleure amie, Océane, et mon meilleur ami, Tony (qui nous a rejoints dans l'aventure un peu plus tard), avons eu l'immense chance de réaliser ce périple incroyable qui nous a marqués pour toujours !
Commençons par le commencement. J'ai proposé ce voyage à mes deux meilleurs amis, dans l'espoir que cela puisse les intéresser. Apparemment, ce n'était pas un rêve uniquement pour moi puisqu'ils ont immédiatement accepté l'invitation.
Mon projet ? Partir de Montréal (puisque j'y vivais à l'époque), traverser le Canada jusqu'à l'Ouest en passant par les États-Unis, redescendre de Vancouver jusqu'à Los Angeles, puis traverser les États-Unis dans l'autre sens jusqu'à la côte Est, en passant par le Texas, la Louisiane et bien d'autres endroits encore. Faire un arrêt dans l'une des villes les plus démesurées du pays : New York, puis rentrer à la maison, à Montréal.
Tout ça en 2 mois et quelques jours. Le projet est fou, hein ? Eh bien, nous l'avons fait !
Préparation et organisation
Comment avons-nous construit notre itinéraire ?
La chose la plus facile a été de déterminer quelles destinations nous souhaitions visiter.
C'était assez clair dans nos têtes, presque comme une évidence. Pour le Canada, je voulais absolument découvrir l'Ouest : Banff, Vancouver et l'île de Vancouver. Même si je restais ouverte à d'autres destinations, ce sont finalement celles-ci que nous avons retenues.
Concernant les États-Unis, c'était un peu plus complexe. La majeure partie du road trip se déroulait dans ce pays, et il est immense ! Lorsque nous avons commencé à nous pencher sérieusement sur le sujet, à étudier les différents trajets pour rejoindre les destinations qui nous faisaient rêver, étape par étape, tout est devenu de plus en plus fluide. Certaines destinations auxquelles nous n'avions même pas pensé au départ se sont ajoutées naturellement à notre itinéraire.
Au final, voici les destinations que nous avons visitées, dans l'ordre :

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Au total : 20 000 km avalés, 2 mois et demi de vadrouille, 4 provinces canadiennes traversées, 27 États américains parcourus et 21 destinations vécues à fond.
Tout au long de cette aventure, nous avons partagé notre quotidien sur nos réseaux sociaux : LCTVOYAGES et ON_EST_PAS_PERDUE sur Instagram et TikTok.
Ça fait beaucoup, n'est-ce pas ?
Quels ont été les plus grands défis d'organisation avant le départ ?
C'est là que les galères ont commencé !
Une fois les destinations sélectionnées, l'étape suivante consistait à calculer le nombre de jours et de nuits que nous allions passer dans chaque destination. C'était sans aucun doute la partie la plus difficile à réaliser. Nous avons changé d'avis plusieurs fois avant de trouver un équilibre qui nous convenait.
Il fallait d'abord se renseigner sur toutes les choses que nous souhaitions visiter à chaque étape afin de déterminer combien de temps nous devions y rester pour en profiter au maximum. Mais il fallait également être très vigilants sur l'enchaînement des réservations de logements pour éviter de nous retrouver sans hébergement.
Nous avions aussi prévu certaines nuits sans réservation, car il fallait avancer sur notre road trip et parcourir de longues distances en roulant toute la nuit.
Par la suite, nous avons dû nous attaquer à une autre étape très importante : le budget !
Est-ce qu'un road trip de cette envergure coûte réellement cher ?
Pour la question du budget, nous nous sommes aidés de notre fidèle ami Excel, en répartissant les futures dépenses par catégories : logements, courses, essence, location de voiture, activités, billets d'avion et autres dépenses (souvenirs, shopping, etc.).
Avion : 700 $CA (430 €) aller-retour Marseille-Montréal
Les billets d'avion sont généralement moins chers lorsque la date de retour est éloignée de celle du départ.
Vous pouvez comparer les prix sur l'application Skyscanner, qui fonctionne très bien pour trouver les meilleures offres !
Logement : 5800 $CA (environ 3600 €)
Nous avons pris trois logements de référence, plus ou moins chers selon les destinations, afin de calculer une moyenne des prix.
Nous avons loué nos logements sur Airbnb et Booking. Honnêtement, la plupart de nos réservations ont été effectuées sur Airbnb, car nous avons trouvé Booking plus cher dans de nombreux cas. En revanche, l'avantage de Booking est que vous pouvez souvent annuler presque au dernier moment et obtenir un remboursement, ce qui est plus compliqué sur Airbnb.
Courses : 1100 $CA (670 €)
Ce budget est calculé pour trois personnes.
Comme je vivais à Montréal, j'avais déjà une assez bonne idée des prix pratiqués au Canada et aux États-Unis. Nous avions également décidé de privilégier des produits simples et peu coûteux afin de limiter les dépenses.
Essence : 2300 $CA (1400 €)
Nous avons pris la fourchette la plus haute que nous avions observée aux États-Unis, soit environ 1,30 $US le litre, puis nous l'avons appliquée au nombre total de kilomètres prévus sur notre itinéraire.
Location voiture : 3300 $CA (2050 €)
Nous avons choisi notre véhicule à l'avance sur l'application Turo, qui est très populaire en Amérique du Nord.
Notre choix s'est porté sur un Volkswagen Taos. J'avais déjà eu l'occasion d'essayer ce modèle auparavant et nous voulions une voiture récente, confortable et suffisamment robuste pour avaler des milliers de kilomètres.
Activités : 2000 $CA (1200 €)
Ce budget dépendra évidemment de chacun.
Nous avons réalisé plusieurs activités pendant ces deux mois et demi, comme vous pouvez l'imaginer. Le montant peut être bien plus faible ou, au contraire, exploser selon vos envies. C'est vraiment un poste de dépense propre à chaque voyageur !
Total : environ 15 000 $CA (environ 9400 €)
Au final, nous avions plutôt bien calculé notre coup puisque nous sommes arrivés à un montant proche de nos prévisions.
Ce budget correspond à deux personnes pendant environ un mois et demi, puis à trois personnes pendant les trois dernières semaines du voyage, puisque Tony nous a rejoints en cours de route. À partir de ce moment-là, nous avons réparti les dépenses équitablement entre nous.
Quels documents étaient indispensables pour traverser les frontières ?
Vos passeports et vos autorisations de voyage sont évidemment indispensables pour traverser les frontières.
Pour entrer au Canada, il vous faudra une AVE (Autorisation de voyage électronique), et pour les États-Unis, un ESTA. Ces demandes doivent être effectuées en amont et peuvent se faire directement sur Internet. La procédure est assez rapide et relativement peu coûteuse.
Au total, nous avons traversé la frontière terrestre à quatre reprises. Autant vous dire que nous nous étions préparés à répondre à quelques questions !
Au début, les passages étaient assez simples et les agents ne nous demandaient pas grand-chose. En revanche, notre retour aux États-Unis depuis Vancouver a été un peu plus mouvementé. Les agents nous ont posé davantage de questions, car nous venions de loin et il nous restait encore beaucoup de route à parcourir.
Pour éviter une longue série de questions, je leur ai directement montré mon livret voyage (en cliquant sur le lien, vous pourrez voir à quoi il ressemble). Toutes les adresses de nos logements y étaient indiquées, ainsi que notre itinéraire et même le détail de nos journées. L'agent a tout de suite compris notre projet et nous a laissés passer assez rapidement.
Comme quoi, ce livret peut servir à bien plus qu'organiser un voyage !
Ne stressez pas trop : de notre côté, tous les agents que nous avons rencontrés étaient sympathiques.
Vie sur la route
À quoi ressemblait une journée type durant notre road trip ?
À vrai dire, nous n'avions pas de journée type. Justement, le but de ce road trip était de découvrir et de vivre des expériences différentes dans des endroits complètement différents. Aucune journée ne se ressemblait vraiment.
Parfois, nous roulions toute la nuit avant de dormir quelques heures dans la voiture, puis d'enchaîner sur une journée bien remplie, que ce soit en pleine forêt ou au cœur d'une grande ville.
D'autres fois, nous décidions de ralentir un peu le rythme. Nous profitions alors d'une bonne nuit de sommeil avant d'entamer une journée plus tranquille à flâner en ville ou à prendre le temps de découvrir les alentours.
Tout dépendait de l'endroit où nous nous trouvions, de ce que nous avions prévu de faire, mais aussi tout simplement de notre état de fatigue.
Comment avons-nous géré les longues heures de conduite ?
C'était sans aucun doute la partie la plus fatigante du road trip.
Nous n'étions que deux à pouvoir conduire et, parfois, nous avons roulé plus de 8 heures d'affilée en pleine nuit. Il fallait donc savoir se relayer, faire des pauses lorsque c'était nécessaire et surtout écouter notre fatigue.
La plus longue route que nous avons effectuée a été celle entre Vancouver et San Francisco : près de 15 heures de route pour plus de 1 500 km.
C'est d'ailleurs sur ce trajet que nous avons vécu la plus grosse galère du voyage. Vous en saurez un peu plus plus bas, mais sur le moment, cette route nous a paru interminable !
Qu'aurions-nous aimé savoir avant de partir ?
En réalité, je n'aurais rien aimé savoir avant de partir. Les imprévus font partie de l'aventure, sinon ce ne serait pas un vrai voyage.
La seule chose que nous avons probablement sous-estimée, c'est la fatigue. Tous les matins, nous mettions un réveil pour profiter au maximum de cette expérience. Nous avons énormément marché, que ce soit en ville ou en pleine nature. Nous ne mangions pas toujours beaucoup et il nous arrivait même de sauter certains repas.
Ajoutez à cela les longues heures de route : nous n'étions que deux à conduire et nous devions parfois enchaîner plus de 8 heures de trajet en pleine nuit.
Sur le moment, nous étions tellement concentrés sur l'envie de profiter de chaque instant que nous ne faisions pas vraiment attention à notre niveau de fatigue.
Alors, s'il y a une chose que nous ferions différemment la prochaine fois, ce serait sans doute de mieux prévoir les temps de repos et de nous accorder davantage de journées « off ».
Les moments marquants
Quelle étape nous a le plus surpris ?
Je pense que nous avons tous les trois des étapes différentes en tête.
Pour Tony, ça a été la Caroline du Sud, plus précisément Charleston.
Cette ville dégage une ambiance bohème et tranquille, typique de cette région des États-Unis. Elle est très apaisante, les gens y sont gentils, la ville est jolie et propre, et on sent que les habitants sont heureux d’y vivre.
C’est un très bon choix !
Pour Océane, c’est le Texas qui l’a surprise. Entre l’image qu’on s’en fait et la réalité, il y a un monde. La gentillesse, l’amabilité et la convivialité des gens étaient dingues, et le fait de se retrouver dans une ambiance western était encore plus fou !
Personnellement, je dirais que Yellowstone m’a complètement surprise. Ce coin des États-Unis m’attirait depuis que je suis petite. J’ai fait plusieurs années d’équitation, et c’est un vrai paradis pour les cavaliers, donc c’est peut-être pour ça que j’en rêvais autant.
Je savais que ça allait être incroyable, mais la réalité est encore plus folle.
Les paysages et la faune sont à couper le souffle. Même Océane a lâché sa petite larme à notre arrivée (pourtant, je vous assure qu’elle est tout sauf émotive).
Dans ce parc, c’est comme si vous faisiez partie de la nature elle-même. Les animaux sont tellement proches de vous que cela en devient irréel. Nous avons croisé des bisons, des coyotes, des cerfs, des wapitis et même des ours à moins de 5 mètres de nous lors d’une randonnée.

Quel paysage nous a laissés sans voix ?
Il y en avait plusieurs, il est impossible d’en choisir un seul.
Pour Tony, c’est le pont de Brooklyn à New York. Une fois dessus, on se sent plongé dans la véritable ambiance new-yorkaise. Ce pont, que l’on a vu de nombreuses fois dans des séries et des films américains, nous fait complètement voyager !
Océane est d'accord avec moi concernant Banff, dans l’Ouest canadien, c'était époustouflant : des paysages incroyables, dignes de cartes postales, qui donnent immédiatement envie de partir au Canada.
Mais, de manière assez surprenante, c’est le Golden Gate Bridge qui m’a le plus marquée.
Je suis plus nature que ville, je pense que vous l’avez compris. Même si, au fil de mes voyages, j’apprends de plus en plus à aimer les grandes villes, ce pont à San Francisco m’a vraiment surprise.
Déjà par son histoire. J’aime beaucoup le cinéma, et je l’avais vu un nombre incalculable de fois dans des films et des séries américaines. Le voir en vrai avait donc quelque chose d’assez irréel.
Ensuite, ce pont a une âme et un charme fou. Malgré le nombre de personnes autour de nous, l’endroit dégageait une atmosphère presque paisible. On pouvait rester là des heures à l’observer.
La lumière changeante au fil du temps rendait le moment encore plus magique, et l’ambiance semblait évoluer avec elle.

Quelle ville nous a le plus séduits ?
Tony ne change pas d’avis : la ville la plus séduisante pour lui reste Charleston. Il a même eu l’impression de rentrer dans la série Outer Banks, pour son plus grand bonheur ! Ça faisait plaisir à voir.
Pour Océane, la beauté de la ville de San Francisco l’a totalement conquise. Le juste équilibre entre l’effervescence des grandes villes et la “chill attitude” que peut offrir Montréal l’a également séduite…
Bon, je vivais à Montréal, et d’ailleurs j’y retourne bientôt pour y rester (je l'espère) définitivement, donc vous imaginez bien que cette ville reste mon coup de cœur en Amérique du Nord côté ville.
Mais on va dire que ça ne compte pas, donc je vais devoir en choisir une autre… et en réalité, le choix est vite fait.
San Francisco a été la ville qui m’a le plus marquée. Elle n’a rien à voir avec Los Angeles et pourtant elle se trouve dans le même État, la Californie.
La vibe de cette ville est incroyable. Elle a un charme, une histoire et une architecture très particulières qui en font une ville unique aux États-Unis. Les gens sont gentils, je m’y suis sentie en sécurité, on peut bien manger et surtout manger de façon variée.
Le mélange des cultures se fait vraiment ressentir : chacun apporte quelque chose à la ville.
J’ai adoré San Francisco, et honnêtement je ne m’y attendais absolument pas.

Difficultés et imprévus
Avons-nous rencontré des galères en cours de route ?
Bien sûr que oui ! Ce serait quoi un voyage sans prise de tête ?
Oui, nous avons eu quelques galères, mais celle qui nous a le plus marquées est justement celle que j'évoquais un peu plus haut...
C'était en fin d'après-midi, le 29 septembre 2025 très exactement. Nous quittons le Canada, plus précisément Vancouver, pour rejoindre la Californie et la ville de San Francisco. Devant nous : 15 heures de route. Nous nous réjouissions de retrouver le sud, le soleil et des températures plus agréables.
Au début, tout se passait bien. Nous nous sommes arrêtées dans une petite ville perdue pour manger et faire une longue pause avant de reprendre la route. Nous étions toutes les deux fatiguées et nous conduisions chacune entre deux et trois heures avant de nous relayer. Plus tard dans la soirée, nous nous sommes arrêtées à plusieurs stations-service pour faire le plein, mais notre carte bancaire ne fonctionnait pas et les stations étaient fermées. Il nous restait encore un peu d'essence, alors nous avons décidé de continuer en pensant que nous croiserions d'autres stations sur la route.
Je n'arrivais plus à tenir et je me suis rapidement endormie.
À mon réveil, la première chose que j'ai vue, c'est que nous étions au milieu d'une immense forêt, sur une petite route de campagne. Pas de lumière, pas de voiture, pas de maison, pas de réseau... rien.
Mon regard a alors été attiré par un voyant rouge sur le tableau de bord.
La jauge d'essence.
Il ne nous restait qu'une trentaine de kilomètres avant la panne.
Honnêtement, j'ai commencé à paniquer intérieurement, mais je ne voulais pas stresser davantage Océane. Je pense qu'elle avait pris exactement la même décision de son côté. Nous avons fini par rejoindre la côte, mais toujours aucun signe de vie. Nous avons alors choisi de nous arrêter pour dormir un peu et réfléchir le lendemain à la meilleure façon de gérer cette situation.
Le lendemain matin, le jour se lève. Il est temps d'agir. La veille au soir, nous avions aperçu une petite maison. Nous nous y sommes rendues en espérant trouver une âme charitable capable de nous dépanner avec un peu d'essence.
Nous sommes entrées sur le terrain et un premier chien est arrivé. Je me suis dit que nous allions probablement nous faire aboyer dessus puisque nous étions clairement sur son territoire. Eh bien non. Il nous a simplement apporté sa balle pour jouer avec lui.
Puis une poule et ses poussins sont venus nous voir. À croire qu'ils surveillaient mieux la maison que le chien.
Quelques minutes plus tard, un autre chien est apparu, beaucoup plus gros que le premier. Il s'est approché lentement, méfiant. Là, je me suis dit : « Ça y est, cette fois, on va se faire attaquer. » Eh bien... toujours pas. Il s'est allongé devant nous pour réclamer des caresses. Probablement l'un des chiens les plus doux que j'ai rencontrés de toute ma vie.
Nous avons frappé plusieurs fois à la porte, mais personne n'a répondu. Nous avons donc repris la route. En allant jusqu'à cette maison, nous avions remarqué une sorte de petit camping composé de quelques bungalows. Il ne nous restait alors qu'une vingtaine de kilomètres d'autonomie. C'était notre dernière chance. Et je vous rappelle que nous n'avions toujours aucun réseau.
Nous nous sommes approchées du camping. Aucun signe de vie. Nous nous sommes assises toutes les deux dans un silence total, en essayant de trouver une solution.
Quelques heures plus tard, un homme est finalement sorti de l'un des bungalows. Nous l'avons immédiatement arrêté pour lui expliquer notre situation. Par chance, il a été extrêmement gentil. Il nous a proposé d'aller voir un ami qui possédait peut-être un jerrican à nous prêter.
Il est parti en voiture. Nous avons attendu. Longtemps.
Quelques heures plus tard, il est revenu. Mais sans jerrican. Son ami n'en avait malheureusement plus.
Il a alors demandé à une dame qui s'occupait du camping si elle pouvait nous aider. En dehors de cet homme, les autres personnes sur place ne parlaient qu'espagnol, histoire de compliquer encore un peu plus la situation.
Cette dame, absolument adorable, est allée chercher un bidon dans une station-service située assez loin de là pour nous le rapporter. Grâce à elle, nous avons enfin pu sortir de cette galère. Et elle ne nous a absolument rien demandé en retour.
Juste de la gentillesse pure.
Nous remercions encore cette dame aujourd'hui !
Y a-t-il eu des moments où nous avons voulu changer nos plans ?
Pas vraiment. Nous nous sommes tenus au plan que nous avions établi avant le départ, car il avait été longuement réfléchi et préparé.
La seule exception a peut-être été New York. Nous avions prévu d'y rester cinq jours, mais au final, quatre jours nous ont largement suffi. Nous avons donc décidé de partir un jour plus tôt afin de profiter d'une journée supplémentaire à Montréal, chez mon cousin.
Mis à part ce petit changement de dernière minute, nous avons suivi notre itinéraire quasiment à la lettre.
Bilan et conseils
Referions-nous exactement le même itinéraire ?
Je pense que oui.
Les seules choses que nous aurions pu changer concernent certains logements. Quelques-uns étaient un peu trop éloignés des centres-villes et, avec le recul, nous aurions préféré investir un peu plus pour être mieux situés. Cela nous aurait facilité les déplacements et permis de gagner du temps sur les trajets en transport.
Nous aurions également ajusté le nombre de jours passés dans certaines destinations. Par exemple, nous serions volontiers restés un peu plus longtemps à San Francisco, mais un peu moins à Los Angeles ou à New York.
Après, c'est surtout une question de préférence personnelle. Dans l'ensemble, nous sommes très satisfaits de l'itinéraire que nous avions construit et nous le referions sans hésiter.
Quels conseils donnerions-nous à quelqu'un qui souhaite faire le même voyage ?
Le premier conseil serait de ne pas sous-estimer les distances, les heures de route et surtout la fatigue. Sur le papier, certains trajets peuvent sembler tout à fait réalisables, mais après plusieurs semaines sur la route, l'accumulation de la fatigue se fait réellement sentir.
Je vous conseillerais également de bien vous équiper avant le départ, en fonction des destinations que vous prévoyez de visiter. Par exemple, lors de nos passages dans la nature, nous avons été très contents d'avoir emporté un réchaud. Nous avions également une bombe anti-ours. Heureusement, nous n'avons jamais eu besoin de l'utiliser, mais nous étions bien rassurés de l'avoir avec nous lorsque nous avons croisé plusieurs ours au cours du voyage.
Ce sont de petits détails qui peuvent paraître anodins au départ, mais qui peuvent vraiment faire la différence une fois sur la route et vous aider à profiter de l'aventure plus sereinement.
Ce road trip a-t-il changé notre façon de voyager ?
C'était le plus grand voyage que j'avais réalisé jusqu'à présent en termes de durée. Plus de deux mois sur les routes, ce n'est pas rien, et c'était également notre tout premier road trip.
Je ne pense pas que cela ait fondamentalement changé notre façon de voyager, mais cette aventure nous a appris énormément de choses, notamment sur l'organisation. Gérer un itinéraire aussi long, les réservations, le budget, les imprévus ou encore la fatigue a été une véritable expérience d'apprentissage.
Chaque voyage que j'effectue m'apprend quelque chose, et celui-ci en fait clairement partie !
Je dirais même qu'il nous a donné encore plus envie de repartir à l'aventure et de découvrir de nouveaux horizons.
Qu'avons-nous appris sur nous-mêmes pendant ce voyage ?
Beaucoup de choses.
Pour Océane, l'un de ses rêves était de découvrir Montréal. Je pense que le fait d'avoir enfin visité cette ville lui a peut-être donné envie de tenter une aventure encore plus grande un jour.
Avant de prendre la route, nous avions une certaine image des États-Unis, comme beaucoup de personnes. Mais une fois sur place, État après État, nous nous sommes rendu compte que chacun possède sa propre histoire, sa propre mentalité et sa propre âme. Les États-Unis sont un pays fascinant qui peut offrir énormément à ceux qui prennent le temps de le découvrir et qui restent ouverts à ce qu'ils ont à montrer.
Concernant le Canada, je n'avais aucun doute sur le fait que ce pays était magnifique. Malgré cela, j'ai tout de même été impressionnée par les paysages de l'Ouest, qui dépassaient tout ce que j'avais imaginé, mais aussi par la gentillesse des Canadiens.
En visitant ces deux pays, nous avons également appris beaucoup sur leurs différences. Pourtant voisins et reliés par une immense frontière commune, ils dégagent des atmosphères très différentes. Nous ressentions ce changement presque immédiatement dès que nous traversions la frontière.
C'est d'ailleurs l'une des choses qui nous a le plus marquées durant ce voyage : découvrir à quel point deux pays si proches géographiquement peuvent être aussi différents dans leur culture, leur mode de vie et leur façon d'aborder le quotidien.
Est-ce que voyager aussi longtemps entre amis a été facile ?
On passe à la question fatidique...
Je pense que oui. Évidemment, il faut bien choisir les personnes avec qui l'on part pour ce genre d'aventure. Mais visiblement, j'ai bien choisi !
Cette expérience m'a permis d'en apprendre davantage sur Océane et de découvrir des facettes de sa personnalité que je ne connaissais pas encore, alors que nous nous connaissions déjà depuis un bon moment. Partager une aventure comme celle-ci avec elle a été incroyable, et honnêtement, je n'aurais pas imaginé vivre ce road trip avec quelqu'un d'autre.
Lorsque Tony nous a rejoints, je crois que nous sommes tous d'accord pour dire que son arrivée a apporté un nouveau souffle au voyage. Nous étions très heureuses de le retrouver, tout en étant un peu déçues qu'il nous rejoigne aussi tard dans l'aventure. Nous aurions adoré parcourir ces deux pays tous les trois dès le premier jour !
J'ai passé plus de deux mois aux côtés de personnes incroyables.
C'est important de se souvenir des paysages, des villes visitées et des aventures vécues. Mais je pense qu'il est encore plus important de se rappeler avec qui nous avons partagé tous ces moments.
Car au final, ce sont aussi les personnes qui rendent un voyage inoubliable.
Et ces souvenirs-là resteront gravés à jamais.




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