Voyager seule en Amérique du sud : entre imprévus, rencontres et découvertes
- Manon

- 2 juin 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 juil. 2025
J’ai toujours rêvé de partir en Amérique du Sud, et plus précisément au Pérou… et cette année, j’ai enfin osé ! Petite précision avant d’aller plus loin : je vis au Canada. J’ai proposé l’idée à quelques amis, visiblement, personne n’était partant… Du coup, près d’un an avant le départ, j’ai posté une annonce dans le groupe Facebook “Les Français à Montréal”, en mode : « Salut, je cherche quelqu’un pour vivre une belle aventure au Pérou avec moi ! » J’ai croisé quelques profils bizarres… puis, j’ai rencontré Maxime.
Comme je m’étais prise bien à l’avance pour organiser ce voyage, on a eu le temps de se voir plusieurs fois avant le départ, histoire d'apprendre à se connaître un minimum, et de ne pas partir trois semaines avec un inconnu total.
Maxime débarque tout droit des Alpes. La vingtaine, fraîchement installé à Montréal à ce moment-là, et jardinier de métier. Un gars tranquille, simple, plutôt nature.
Quelques mois plus tard, il a pris le large direction l’Ouest canadien, à Banff, pour bosser dans une station de ski. J’imagine que ses montagnes natales commençaient à lui manquer un peu trop !
Pour acter notre voyage, on a pris nos billets d’avion juste avant que Maxime parte pour Banff. C’était un peu notre façon de sceller l’aventure à deux, histoire de rendre ça concret.
Du coup, toute l’organisation s’est faite à distance.
Et comme le Pérou, ce n'est pas exactement la porte à côté, et qu’on voulait vraiment en prendre plein les yeux, on a décidé de rester trois bonnes semaines sur place : du 26 avril au 18 mai.
Tout roulait : le voyage était organisé, on avait même peaufiné les petits détails. Hôtels réservés, activités bookées, timing carré.
Maxime, lui, toujours à Banff, passait ses journées sur les pistes grâce à son boulot. Et forcément, qui dit ski tous les jours, dit tentation de faire le malin… Pour son dernier jour, il n’a pas résisté à l’envie de faire quelques sauts, histoire de finir en beauté.
Mais bon, la vie en a décidé autrement : il chute, mal réceptionné, et bim… épaule cassée, déplacée, à trois jours du départ.
Direction l’hôpital, immobilisation, douleur, stress, le combo gagnant.
Heureusement, après les examens, le verdict tombe : il peut partir. Merci la chance.
On s’est donc retrouvés à Lima comme prévu, un peu secoués, mais bien là, prêts à attaquer cette aventure… qui commençait, il faut le dire, sur les chapeaux de roue !
La première semaine se passe à merveille : paysages à couper le souffle, gens super sympas, bouffe au top, et surtout, Maxime ressent très peu de douleurs à l’épaule.
Puis arrive la deuxième semaine. On est à trois jours de découvrir LE site emblématique du Pérou : le Machu Picchu. On l’attend comme le Messie.
Mais malheureusement, les douleurs de Maxime s’intensifient sérieusement. Il appelle son médecin, décrit ses symptômes, et cherche désespérément une solution pour tenir le coup et continuer le voyage.
Le verdict tombe sans appel : le médecin est catégorique. Il ne peut absolument pas poursuivre l’aventure. Il doit prendre le premier vol retour pour le Canada.
Maxime est têtu : rater le Machu Picchu, hors de question !
Mais il ne veut pas non plus aggraver sa blessure. Du coup, il a pris un billet retour… prévu pour la fin de la semaine.
On a donc pu visiter le Machu Picchu ensemble, et c’était juste incroyable. Probablement l’un des paysages les plus impressionnants que j’aie jamais vus.
La semaine passe, les douleurs de Maxime s’intensifient… Puis arrive le jour du départ. Je lui appelle un taxi, il monte dedans, direction l’aéroport.
J’ai décidé de rester, parce qu’il y avait encore tellement à découvrir, et plus d’une semaine devant moi. Jamais de ma vie je n’avais voyagé seule. Honnêtement, si j’avais dû prendre cette décision dès le départ, je ne suis pas sûre que j’aurais choisi le Pérou.
Je ne suis pas du genre à avoir peur de la solitude. Mais je dois avouer que l’idée de voyager seule en Amérique du Sud, dans un pays que je connais à peine, sans parler un mot d’espagnol (la langue officielle du Pérou), ne m’emballait pas vraiment…
Je pensais continuer l’aventure en solo, mais ça ne s’est pas passé comme prévu !
Le lendemain du départ de Maxime, je suis partie visiter la Vallée Sacrée avec un groupe touristique. C’est là que j’ai rencontré un groupe de Françaises, toutes à peu près dans la même tranche d’âge.
L’une d’elles, Sarah, était en road trip solo depuis plusieurs mois en Amérique du Sud. Elle avait déjà exploré le Brésil, l’Argentine, le Chili… et venait d’arriver au Pérou !
Comme on logeait toutes les deux à Cusco, on a décidé de passer la journée suivante ensemble.
J’ai eu mon plus gros fou rire du séjour avec Sarah, que je connaissais à peine, et un Péruvien complètement inconnu.
À ce moment-là, je me suis dit une chose : dans le voyage, on ne contrôle rien. Et c’est justement là que tout prend vraiment sens.
Le soir, je prends la route vers de nouvelles aventures : direction Ayacucho, une ville loin des sentiers touristiques, où je voulais vraiment plonger dans l’authenticité du Pérou.
Me voilà donc dans cette ville inconnue, de nouveau seule.
L’ambiance n’est pas franchement rassurante : pas un seul touriste en vue, et les locaux me lancent des regards un peu suspicieux, comme si je n’avais rien à faire ici (peut-être ont-ils raison !).
Je trouve vite mon hôtel, et voilà que le lendemain pointe le bout de son nez.
J’avais réservé une excursion aux eaux turquoises de Millpu, un endroit tout simplement magnifique !
Et comme un joli hasard, je retombe sur des Français : Sophie, en vacances ici pour deux semaines avec son copain ; Thomas, qui voyageait en solo depuis plusieurs mois en Amérique du Sud ; et Rasmus, un Suédois qui parlait parfaitement notre langue, en fait, il en maîtrisait quatre ! Lui aussi voyageait avec son frère depuis plusieurs mois sur le continent.
J’ai passé une journée incroyable avec ces inconnus. Sophie logeait dans le même hôtel que moi, et le lendemain, on a partagé un petit-déjeuner ensemble, juste avant leur départ pour Lima.
L’aventure touchait à sa fin, je suis retournée à Lima pour mes deux derniers jours sur place.
Bien sûr, lors d’une nouvelle excursion, j’ai croisé un couple venu du Nouveau-Brunswick, au Canada, avec qui j’ai encore passé un super moment.
Le dernier jour, j’ai discuté pendant des heures avec des Péruviens, un vrai beau moment de partage et de connexion.
J’ai passé une semaine seule dans ce pays, ce qui, finalement, n’est vraiment pas long. Et pourtant, en seulement sept jours, j’ai rencontré une multitude de personnes venues d’horizons très différents. J’ai partagé des moments uniques avec des gens dont la culture et la mentalité étaient complètement différentes des miennes. En bref, j’ai juste passé d’excellents moments avec des inconnus.
Toutes les personnes que j’ai rencontrées en voyage solo avaient la même réflexion : oui, on part seul, mais en réalité, on n’est jamais vraiment seul.
Je pensais finir mon aventure toute seule, mais ça n’a absolument pas été le cas. Je n’ai jamais rencontré autant de monde en si peu de temps, de toute ma vie.
Cette expérience m’a même donné envie de partir en voyage solo, sans attendre personne, juste pour découvrir de nouvelles destinations par moi-même.
Bien sûr, chaque expérience est unique. Voyager solo, ça veut aussi dire redoubler de vigilance… alors prenez soin de vous !
Mais ce que je veux surtout vous dire avec cet article, c’est que si vous avez vraiment envie de partir seule, foncez. L’aventure en vaut largement la peine : vous rencontrerez de nouvelles personnes, et surtout, vous apprendrez énormément sur vous-même.
Ne restez pas à attendre que vos proches vous suivent pour sauter le pas. Lancez-vous, tout simplement !



Commentaires